Carrosserie et restauration : ce que cachait vraiment une importation de la côte ouest
Au premier abord, cette Jaguar Type E Série 3 semblait tenir toutes ses promesses. Elle nous est parvenue des États-Unis, via Cologne, et était censée être une voiture de collection de la côte ouest américaine en excellent état. Nombre d'acheteurs considèrent la côte ouest comme une région où l'acquisition de voitures de collection est abordable : climat plus sec, routes peu salées. Cette impression est souvent plus trompeuse qu'il n'y paraît.
La rouille était omniprésente, systématiquement dissimulée sous du mastic et du bitume. Ce qui semblait de l'extérieur une importation américaine bien entretenue révélait une tout autre réalité à y regarder de plus près. Ailes, bas de caisse, planchers, habitacle, joints et raccords présentaient tous le même tableau : de la corrosion sous-jacente, temporairement cachée.
De plus, certaines réparations étaient manifestement bâclées. Le couvercle de la boîte de vitesses avait été découpé et le trou ainsi créé rebouché avec une plaque d'aluminium – apparemment une méthode pour réparer la boîte sans la démonter ni l'ouvrir correctement. Enfin, le bloc moteur n'était pas le bon : il ne s'agissait pas de la pièce d'origine, mais d'un bloc de remplacement dont la provenance et l'état étaient inconnus.
Ce n'étaient pas les seules irrégularités. L'inventaire a révélé d'autres points qui confirment ce que les acheteurs de véhicules importés des États-Unis devraient savoir : l'expression « voiture de la côte ouest bien conservée » doit souvent être réévaluée après un examen plus approfondi.
Pour ce projet, cela impliquait de tout démonter et d'évaluer chaque élément individuellement. La carrosserie, la mécanique, le moteur et la transmission sont examinés séparément avant que le décapage de la rouille, la peinture et le remontage final puissent être planifiés de manière rationnelle. Dans ce cas précis, la restauration d'une Jaguar Type E ne commence pas par la peinture ou le cuir, mais par un examen approfondi de la structure même de la voiture.
Moteur V12, kit carrosserie large et châssis monocoque : la Jaguar Type E Série 3
La caractéristique principale de la Série 3 : un V12 de 5,3 litres remplace le précédent six cylindres à partir de 1971. Parallèlement, la voie est élargie et les ailes sont élargies, des différences visibles par rapport aux séries précédentes, plus étroites. De ce fait, une Jaguar Type E V12 paraît plus large, plus imposante et techniquement différente des Séries 1 et 2.
La carrosserie monocoque autoportante rend la réparation de la rouille sur la Type E plus complexe que sur les véhicules à châssis échelle. Les bas de caisse, les panneaux de plancher, les passages de roue intérieurs, les montants A et les articulations porteuses sont des éléments structurels, et non pas seulement la carrosserie. En particulier pour une Jaguar Type E Série 3 importée des États-Unis, qui peut présenter un système d'échappement, des pare-chocs et des pièces potentiellement modifiés, l'évaluation technique requiert une attention toute particulière.
Cette voiture ne présentait pas seulement une peinture défectueuse. Il a d'abord fallu retirer le mastic, le bitume, les anciennes pièces de réparation et les soudures dissimulées afin de déterminer quelles parties de la carrosserie étaient encore structurellement saines. Sur une Jaguar Type E, cette étape est déterminante pour savoir si la restauration ultérieure peut être planifiée efficacement ou si de nouveaux dommages apparaîtront constamment.
Élimination de la rouille, réparations de carrosserie et diagnostic des problèmes moteur en fonction des constatations
Dans nos ateliers, chaque tôle est mise à nu et examinée. Ailes, bas de caisse, planchers, intérieurs, joints, avant et arrière sont reconstruits en fonction des résultats de l'examen. Le redressage, l'étanchéification des joints, la protection des cavités et la protection anticorrosion suivent l'ordre de l'examen, et non un plan fixe.
Avant toute intervention technique, il est impératif de résoudre la question du bloc-moteur : son origine, son état et sa conformité avec les documents du véhicule et le dossier du projet. Dans le cas d’une Jaguar Type E V12, un bloc-moteur incorrect ou non identifié peut impacter significativement la valeur du véhicule, son immatriculation ultérieure et la planification technique. Ce n’est qu’après avoir clarifié ce point qu’il sera possible de déterminer si une révision complète du moteur, une reconstruction partielle ou un remplacement constituent l’option la plus judicieuse.
La boîte de vitesses nécessite également une inspection complète après les travaux sur l'aluminium. Si un carter ou un couvercle a été modifié, la réparation elle-même, ainsi que sa cause, sont sujettes à caution. Le système de freinage, le châssis, l'intérieur, le système électrique, le système d'alimentation et le système de refroidissement seront examinés après la carrosserie et l'inventaire technique.
Restauration de Jaguar Type E – même pour les importations américaines présentant des défauts cachés
Quiconque souhaite restaurer une Jaguar Type E – Série 1, Série 2 ou Série 3 – devrait, surtout pour les importations américaines, commencer par examiner attentivement le dessous de la voiture. Les photos des ailes, des bas de caisse, des planchers, du compartiment moteur, de la boîte de vitesses, de l'intérieur, du soubassement et des anciennes réparations révèlent souvent plus rapidement que la description du vendeur ce qui se cache sous la peinture, le mastic et le bitume.
Dans nos ateliers en République tchèque, nous examinons ce qui est réellement présent et ce qui a été dissimulé. La carrosserie, le traitement antirouille, l'inspection du moteur, les tests de la boîte de vitesses, la peinture et l'assemblage final d'une Jaguar Type E ne peuvent être planifiés de manière pertinente que si la structure, la technologie et la documentation du véhicule sont parfaitement cohérentes.