Une Matra issue d'une collection de curiosités françaises
Cette Matra 530 LX de 1973 appartient à la collection d'un passionné de voitures classiques françaises atypiques et parfois insolites. Ce qui lui sied à merveille. La Matra 530 est une voiture de sport difficile à classer. Elle possède un moteur central arrière, une configuration 2+2 places, un toit targa amovible, des phares escamotables, une carrosserie en fibre de verre sur un châssis en acier et un moteur Ford Taunus V4 de 1 699 cm³ monté derrière les sièges.
Après plus de vingt ans passés dans une grange à Hanovre, la voiture est arrivée entre les mains de son propriétaire actuel en 2015. La restauration, initialement prévue pour 2020, a été reportée en raison de la COVID-19 et n'a débuté qu'en 2023. Le projet est toujours en cours. Avec une Matra 530 LX, cela implique de nombreuses recherches, un travail de mise au point minutieux et un nombre de pièces bien plus important que ce à quoi on pourrait s'attendre pour une voiture de sport française à moteur Ford.
Matra 530 LX avec carrosserie en fibre de verre et châssis en acier
La Matra M530 a été produite de 1967 à 1973. Contrairement à de nombreuses voitures de sport classiques, elle ne possède pas de carrosserie traditionnelle en tôle. Ses panneaux en fibre de verre sont montés sur un châssis en acier. C'est précisément cette combinaison qui rend sa restauration si complexe. La fibre de verre ne rouille pas, mais elle se fissure, se déforme, se répare facilement et, après des décennies, présente des signes de tension au niveau des points de fixation. Le châssis en acier, quant à lui, est très sensible à la corrosion.
Il est donc essentiel de considérer les deux aspects de ce véhicule : la carrosserie en fibre de verre visible et la structure porteuse en acier. Après une longue période d'entreposage dans une grange, il n'est pas rare de constater des fissures, des couches de peinture anciennes, de l'humidité, des vis grippées, des pièces métalliques corrodées et des caoutchoucs fragilisés. La restauration d'une Matra 530 ne commence pas par la peinture, mais par la question de savoir si la carrosserie, le châssis, les portes, les phares escamotables et le toit Targa pourront à nouveau fonctionner correctement ensemble.
Ford Taunus V4, moteur central et de nombreuses petites caractéristiques spéciales
Le moteur V4 de 1,7 litre provient de la plateforme de la Ford Taunus. De prime abord, cela semble rassurant, car la technologie Ford est plus facilement disponible que de nombreuses pièces spécifiques françaises. Cependant, cette impression est quelque peu trompeuse dans le cas de la Matra. Le moteur lui-même ne représente qu'une partie du véhicule. Son emplacement, le système de refroidissement, le système d'échappement, la transmission, le système électrique, les conduites et les fixations sont spécifiques à la Matra, ou du moins ne sont pas facilement interchangeables.
La restauration est complète : carrosserie en fibre de verre, châssis en acier, peinture, moteur, transmission, suspension, freins, système électrique, intérieur, toit Targa, phares escamotables et assemblage final. La peinture jaune d'origine sera restaurée. Sur une Matra 530 LX, cette couleur reflète parfaitement le caractère de la voiture. Elle n'est pas discrète, ni typiquement allemande dans son austérité, et elle ne recherche pas une élégance subtile. Elle est conçue pour être visiblement différente.
Pièces détachées Matra, clubs et langue française
Ce projet met une fois de plus en lumière un problème fondamental pour de nombreuses voitures classiques françaises : la difficulté à trouver des pièces détachées. Bien qu’il existe des spécialistes, des clubs et des fournisseurs particuliers pour la Matra 530 LX, le réseau d’approvisionnement n’est pas aussi pratique que pour beaucoup de voitures classiques allemandes ou britanniques. Sans adhésion à un club français adapté, sans contacts et sans maîtrise du français, la recherche devient vite ardue.
Cela ne concerne pas uniquement les grandes pièces. Souvent, ce sont les petits détails qui causent des retards : joints, interrupteurs, feux, finitions intérieures, supports, pièces spécifiques en fibre de verre, fixations du toit Targa ou pièces des phares escamotables. Ce sont précisément ces petits éléments qui, au final, déterminent si une voiture a simplement l'air d'avoir été repeinte ou si elle retrouve son aspect d'origine.
Restaurer des voitures classiques françaises demande de la patience.
La restauration d'une voiture classique française comme celle-ci ne peut se faire simplement en se basant sur les catalogues de pièces allemands. Avec la Matra 530 LX, il faut chercher, comparer, traduire, poser des questions, patienter et parfois même remettre en état des pièces, car les pièces de rechange ne sont pas facilement disponibles. Cela rend ces projets plus longs, mais aussi plus intéressants.
La voiture est toujours en construction. Après 20 ans passés dans une grange, des retards dus à la COVID et des difficultés d'approvisionnement en pièces détachées, ce projet ne se concrétisera pas rapidement. C'est une Matra. Et c'est précisément ce qui fait son charme : une voiture de sport française qui sort de l'ordinaire, conserve une conception technique atypique et mérite d'être préservée pour cette raison même.