Avec nous depuis 2021, et pendant longtemps sans direction claire.
Cette Triumph TR6 de 1976 est arrivée de Suisse en 2021. Initialement, le projet prévoyait une restauration partielle, mais près de cinq années se sont écoulées sans progrès significatifs. Ces interruptions sont fréquentes dans les projets de restauration de voitures de collection, mais elles modifient la nature même du travail. Un véhicule démonté ne s'améliore pas avec le temps. Il faut stocker les pièces, les documenter et les réaffecter ; les décisions restent en suspens, et chaque reprise du projet implique de se demander ce qui était prévu à l'époque et ce qui est désormais indispensable.
Fin 2025, le propriétaire a décidé de nous confier la poursuite de la restauration complète de la TR6. Ce projet, jusque-là au point mort, est ainsi devenu une commande ferme. La carrosserie a été peinte au printemps 2026, et les travaux d'assemblage et de mécanique devraient se poursuivre durant l'automne et l'hiver 2026.
Ne laissez pas les dimensions des espaces avant de peindre au hasard.
La TR6 a été partiellement assemblée afin d'ajuster les jeux entre les panneaux. Ce n'est pas une mince affaire pour un roadster à châssis séparé. Les portes, le capot, les ailes, les parties avant et arrière doivent être parfaitement ajustés avant la mise en peinture ; sinon, l'impatience vous jouera des tours plus tard, pour chaque garniture, chaque joint et chaque serrure.
Sur la TR6 en particulier, les points critiques sont les bas de caisse, les panneaux de plancher, les passages de roue, le plancher du coffre, les encadrements de vitres, les longerons et les supports de carrosserie. Bien que le châssis constitue la base porteuse, la carrosserie détermine l'ajustement et l'aspect final. Une TR6 fraîchement repeinte avec des écarts de panneaux irréguliers reste une TR6 mal préparée.
Lors de la pose d'une porte, on remarque rapidement si les travaux précédents ont été bien faits. Une porte parfaitement alignée à l'avant mais mal alignée à l'arrière n'indique pas forcément un problème de porte. Souvent, le défaut est plus profond : au niveau de la fixation, du seuil ou d'anciennes réparations.
Moteur six cylindres de 2,5 litres avec système à trois carburateurs prévu
La Triumph TR6 a été produite de 1969 à 1976. Ce modèle plus récent est une version à carburateurs équipée du moteur six cylindres en ligne de 2,5 litres. Le projet consiste à la convertir en une version à trois carburateurs. Cette conversion complexifie les aspects techniques par rapport à une configuration à carburateurs quasi d'origine, car l'admission, la tringlerie, le réglage des gicleurs, l'allumage et l'échappement doivent tous fonctionner en parfaite harmonie.
Une telle conversion n'est pas qu'un simple détail esthétique sur le moteur. Trois carburateurs peuvent parfaitement fonctionner s'ils sont correctement installés et réglés. Une mauvaise synchronisation, un réglage incorrect des gicleurs ou un jeu dans la tringlerie peuvent rapidement transformer un puissant moteur six cylindres en un moteur au ralenti irrégulier et à l'accélération difficile en charge.
La restauration complète englobe la carrosserie, la peinture, les éléments mécaniques, le moteur, la transmission, le châssis, les freins, le système électrique, l'intérieur, la capote et l'assemblage final. Pour un projet en suspens depuis 2021, cette approche globale est plus judicieuse que de continuer à travailler sur des problèmes isolés.
Projet en cours avec un nouveau plan
Cette TR6 n'est pas encore terminée. La carrosserie est peinte, les ajustements des panneaux ont été préparés et d'autres travaux sont prévus pour l'automne et l'hiver 2026. Cela distingue clairement ce projet des projets de TR6 achevés : il ne s'agit pas d'un produit fini, mais d'un nouveau départ après une longue interruption.
D'un point de vue économique, la restauration d'une TR6 reste intéressante si le châssis, l'identité du véhicule et les pièces détachées sont exploitables. La disponibilité des pièces est correcte, la technologie est compréhensible et les véhicules en bon état ont leur marché. Cependant, l'immobilisation du véhicule engendre des coûts. Non pas immédiatement, mais plus tard : recherche de pièces, réinspections, stockage, hésitations et tentatives répétées.
L'orientation de ce projet est désormais claire. Ce qui avait commencé comme une restauration partielle est devenu une restauration complète, incluant la peinture de la carrosserie et les travaux mécaniques prévus. Le prochain test ne portera pas sur la peinture, mais sur l'assemblage : c'est là que l'on verra si les choix concernant la carrosserie, les jeux entre les panneaux et les composants mécaniques sont réellement cohérents.